Pré-état daté en copropriété : la facturation par le syndic clairement désavouée par le Gouvernement

Publié le 30 décembre 2025 à 01:15

 

La pratique est connue de tous les professionnels de la transaction immobilière.
À l’occasion d’une vente en copropriété, le syndic facture au vendeur un pré-état daté, parfois pour un montant proche de celui de l’état daté… sans base juridique claire.

Une réponse ministérielle publiée le 23 décembre 2025 (https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-1324QE.htm) vient apporter une clarification nette — et lourde de conséquences pratiques.

 

Une question parlementaire qui vise une pratique répandue

Dans une question écrite publiée au Journal officiel le 22 octobre 2024, Françoise Buffet a attiré l’attention du Gouvernement sur une dérive persistante :

👉 la facturation du pré-état daté par les syndics, alors même que :

  • ce document n’est pas prévu par un texte,

  • il ne figure pas dans la liste limitative des prestations particulières rémunérables,

  • aucune sanction n’a jusqu’ici été engagée faute de cadre réglementaire explicite.

La députée demandait donc clairement si un décret d’encadrement était envisagé.

La position du Gouvernement : claire, ferme… et sans ambiguïté

La réponse ministérielle est sans détour.

🔹 Le pré-état daté n’a aucune existence légale autonome

Le Gouvernement rappelle que :

  • les informations à transmettre à l’acquéreur sont strictement définies par le Code de la construction et de l’habitation,

  • le « pré-état daté » n’est qu’un document de confort, parfois utilisé par les syndics pour regrouper des données financières,

  • aucun texte n’impose son établissement, ni par le syndic, ni à la demande du vendeur.

👉 En conséquence, sa facturation ne repose sur aucune exigence législative ou réglementaire.

🔹 Une facturation juridiquement injustifiée

Le point est essentiel pour les professionnels :

La facturation du pré-état daté constitue une pratique sans fondement juridique.

Autrement dit :

  • le syndic n’a aucun droit à une rémunération spécifique pour ce document,

  • cette prestation ne peut pas être assimilée à l’état daté,

  • elle ne figure pas dans les prestations particulières listées par voie réglementaire.

Pourquoi le Gouvernement refuse tout encadrement tarifaire

Contrairement à ce que demandaient certains acteurs, le Gouvernement refuse d’encadrer la facturation du pré-état daté.

La raison est simple et stratégique :

👉 ce document n’est pas obligatoire.

Le raisonnement est le suivant :

  • les obligations d’information de l’acquéreur ont été allégées et clarifiées,

  • les informations financières sont désormais accessibles via l’extranet de la copropriété,

  • le vendeur peut remplir ses obligations sans solliciter le syndic pour un pré-état daté.

Dès lors, encadrer sa facturation reviendrait à légitimer une pratique qui n’a pas lieu d’être.

Conséquences pratiques pour les professionnels de l’immobilier

🔎 Pour les syndics

  • La facturation du pré-état daté est hautement contestable.

  • Elle expose à des remises en cause contractuelles et à des litiges.

  • Elle peut nourrir un risque réputationnel et contentieux.

🏠 Pour les agents immobiliers

  • Alerter les vendeurs : aucune obligation légale.

  • Vérifier systématiquement les honoraires réclamés par le syndic.

  • Éviter les blocages de vente liés à des exigences financières infondées.

⚖️ Pour les vendeurs

  • Le syndic ne peut pas imposer l’établissement d’un pré-état daté.

  • L’accès à l’extranet permet de récupérer l’essentiel des informations requises.

  • Une facturation peut être contestée sérieusement.


À retenir

✔ Le pré-état daté n’est ni obligatoire, ni réglementé
✔ Sa facturation par le syndic est dépourvue de fondement juridique
✔ Le Gouvernement refuse volontairement tout encadrement, pour ne pas valider la pratique
✔ Les professionnels doivent adapter leurs pratiques immédiatement


👉 Professionnels de l’immobilier : cette réponse ministérielle est un outil précieux pour sécuriser vos ventes, informer vos clients et prévenir les abus.

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